Depuis l'aube des temps, le loup ou son mythe accompagne les hommes. Mal connu et mystérieux, cet animal intelligent, qui vit en groupe, que l'on entend mais que l'on ne voit guère, et qu' on dit dangereux parce que prédateur, est entouré d'une aura de terreur qui commence tout juste à s'estomper. Le loup a été un modèle pour les peuples chasseurs. La louve fut un symbole de féminité pour les Romains. Pour les chrétiens, les loups étaient l'incarnation du diable. Aujourd'hui, le loup est perçu comme une preuve de la santé de la nature. Il suscite désormais plus de curiosité que de peur. Le loup serait apparu en Amérique du Nord voici un million d ' années. Ce mammifère aurait rejoint la Sibérie par l'Alaska ( reliable alors pas le bas niveau de la mer) puis le nord de l'Eurasie. Il appartient à la famille des canidés, groupe de 38 espèces de mammifères comme le chien, le chacal, le coyote, le renard. En 1758, LINNE, naturaliste suédois , le baptise CANIS LUPUS . Deux espèces sont reconnues: le loup gris ou Canis lupus ( Amérique du Nord , Europe, Asie),et le loup roux ou Canis rufus ( Texas et Sud-est des États-Unis).La peur du loup: C'est le christianisme qui à associé le loup au diable, bras vengeur de Dieu punissant les populations locales pour leur manque de foi. Autrefois, les civilisations de chasseurs s'identifiaient au loup en s'inspirant de sa structure sociale et de ses techniques de chasse. Kaïla, dieu du ciel chez les Esquimaux, leur offrit le caribou pour gibier. Puis, il leur envoya l'esprit du loup ( Amarok) pour régulariser sa carence. Turcs et Mongols lui donnent un caractère céleste en vénérant le loup bleu, ancêtre de Gengis Khan. Chez les Iroquois, il fait figure de passeur d'âme. Le loup est associé à l'image de fertilité en dévoilant la véritable nature de la femme chez les Grecs et les Romains. Les femmes stériles l'invoquent pour procréer (en Anatolie), et il stimule la virilité (chez les lakoutes). Le loup représente la lumière en Chine et en Egypte; chevauché par Hurrokkin dans la mythologie germanique, il est aussi attelé au char solaire de Zeus. Mais, en France, le loup avale la caille, symbole du soleil. Du loup, on retient aussi la gueule. En France, être avalé par le loup n'est pas forcément une horreur: en ressortir, c'est avoir subi une initiation vers la lumière. Nommer le loup le faisait apparaître, alors on le baptise "Jean" (Languedoc), "Guillaume" (Bretagne), "Gabriel" (Forez), "Pied déchaussé" (Provence) ou " patte grise" (Nord). Les rites et coutumes: "Avoir vu le loup" était signe de maturité chez l'homme, et de sexualité chez la femme, dont la virginité était alors mise en doute. Vu par le loup, l'homme perdait son humanité (sa voix), et inversement, le loup sa bestialité (son haleine). Le masque de velours noir du carnaval correspondait à l'un de ces jeux de rencontre où il était essentiel de voir avant d'être vu. En Europe on exorcisait le danger en jouant de la vielle, du violon ou de la cornemuse. Comme on croyait le loup et l'agneau ennemis, on utilisait la peau de l'agneau pour la cornemuse et ses boyaux pour les cordes du violon et de la vielle pour repousser le loup.